5 Portrait
Herveline Grall, l'administration s'implique
Herveline Grall, ar velestradurezh o kemer perzh
Brestoise et ne parlant pas le breton, rien ne prédestinait Madame Grall à s’occuper des goémoniers. Veuve de guerre avec des enfants à charge, on lui propose de devenir secrétaire du comité local des pêches du quartier de Brest — de Brignogan à Port-Launay —, poste qu’elle occupe de 1946 à 1970.
Son travail consiste à améliorer les conditions de vie des pêcheurs de la côte, et elle est épouvantée par celles, beaucoup plus difficiles, des goémoniers. Elle défend avec ardeur la profession face aux industriels de l’iode, puis de l’alginate. Son travail permet d’augmenter peu à peu leurs revenus. Elle contribue aussi à l’édification de maisons préfabriquées sur les îles de l’archipel de Molène pour les goémoniers migrants, qui vivent alors dans des cahutes insalubres.
Sa ténacité à défendre les goémoniers, face à une administration qui ferme les yeux, lui vaut d’être surnommée « Miss Goémon ».